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Toulouse en plans

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Pierre GASTOU
Responsable du service iconothèque et numérisation
Archives municipales de la Mairie de Toulouse

 

S’il fallait trouver une origine à la planification urbaine de Toulouse, elle serait probablement à chercher dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Alors que la ville connaît une augmentation sensible de sa population, et que les techniques cartographiques de représentation progressent – nous sommes contemporains des Cassini –, des personnalités éclairées vont réfléchir à la rationalisation et à l’attractivité de la cité. Ainsi, sous la houlette de François Garipuy, de Joseph-Marie de Saget et de Louis de Mondran, des travaux d’une ampleur jusqu’ici inconnue vont être projetés puis réalisés entre 1750 et 1782.

« Plan de la ville de Toulouse », 1777, Joseph-Marie de Saget. Version réduite du plan de 1750 sur laquelle figurent les aménagements réalisés et projetés par Mondran, Garipuy et Saget : les créations de l’esplanade du Grand Rond, des quais de Garonne (du Pont-Neuf au Bazacle), du canal de Brienne et le remodelage du quartier Saint-Cyprien (cours Dillon, allées Charles-de-Fitte, place intérieure et extérieure Saint-Cyprien, port Viguerie). © Bibliothèque de Toulouse, cote MS1169

 

En parallèle, les autorités se préoccupent plus modestement de la bonne circulation au sein de la cité. L’idée d’un plan général des alignements, prévoyant la rectification et l’élargissement des voies de la ville, émerge dès cette époque, mais ne se concrétisera qu’au mitan du XIXe siècle sous la main de Joseph Vitry. Le document final, validé en 1842, restera en vigueur à Toulouse jusqu’en 1962. Cependant, malgré cette longue période d’effectivité, son impact sur la structure urbaine est relativement faible.

« Plan de la ville de Toulouse », extrait du rapport de M. de Clausade sur le projet d’ouverture de rues nouvelles, séance du 10 janvier 1867, d’après Urbain Maguès. Ironiquement, c’est sur un fond de plan général des alignements de Joseph Vitry qu’est présenté ici le tracé des futures rues d’Alsace-Lorraine, de Metz et Ozenne. Les couleurs correspondent à la répartition des tranches de travaux entre la compagnie concessionnaire (en vert) et la Ville de Toulouse (en bleu), les parties en rose indiquant les tranches à réaliser plus tard. © Ville de Toulouse, Archives municipales, cotes FRAC 20Fi442

 

Ce système avait déjà montré ses limites et le principe, plus radical, de la percée avait été appliqué à Paris par le préfet Rambuteau dès 1834, puis par Haussmann sous le Second Empire. S’inspirant de ces réalisations, l’ingénieur Urbain Maguès propose deux ouvertures de voies perpendiculaires dans le centre ancien de Toulouse. Approuvé en 1864, le projet va donner lieu au plus grand chantier qu’ait connu la cité depuis un siècle.

« Plan général des alignements de la ville de Toulouse », plan n° 62, 1842, Joseph Vitry. Détail de la feuille concernant la place Saint-Georges et les rues adjacentes. En jaune les parties à aligner, en rouge le nouvel alignement, en noir le bâti non concerné. Le document ne prescrit les alignements que pour les immeubles vétustes et les nouveaux bâtiments, ce qui explique les façades en dents de scie et autres murs pignons que l’on remarque encore dans de nombreuses rues du vieux Toulouse. © Ville de Toulouse, Archives municipales, cotes FRAC 39Fi2/25

C’est dans ce contexte qu’un jeune élève de l’école municipale des Beaux-Arts va débuter des études d’architecture qui le mèneront finalement à devenir l’un des membres fondateurs de la Société française des urbanistes. Léon Jaussely est donc le candidat idéal pour réaliser le plan d’aménagement, d’embellissement et d’extension de Toulouse que la loi de 1919 a rendu obligatoire pour les communes de plus de 10 000 habitants. Visionnaire à bien des égards, le projet qu’il présente en 1928 ne sera malheureusement pas suivi d’effets.

« Plan d’aménagement, d’embellissement et d’extension : plan des zones », 8 octobre 1931, Léon Jaussely. Ce plan découpe le territoire de la ville en zones distinctes : Toulouse centre (bleu), Toulouse ville (quadrillage), maisons familiales (blanc cerclé d’une frise), zone industrielle (carreaux), chemin de fer et gare (hachures), parcs et jardins (frise). On notera l’importance des voies de communication avec de grands boulevards concentriques, dont certains épousent le tracé des futures rocades. © Ville de Toulouse, Archives municipales, cotes FRAC ING321

L’affirmation reste toutefois à relativiser car c’est un ancien collaborateur de Jaussely, Charles Nicod, qui est choisi pour concevoir le plan suivant. Ce dernier s’inspirera, en partie, des propositions de son ex-acolyte pour réaliser le document dans le contexte de reconstruction et de planification de l’après-guerre. Le travail, achevé en 1947, sera amendé pour devenir le Plan d’urbanisme directeur finalement approuvé en 1962. Il aura fallu une gestation de plus de deux siècles pour voir l’avènement du premier plan d’urbanisme général de la ville de Toulouse véritablement effectif. Néanmoins, dès l’année suivante, il était mis en révision.

« Plan d’urbanisme directeur et de détail », feuille n° 5, décembre 1948, dressé par l’Aérotopographie à Paris, imprimé annoté par Charles Nicod. Le projet prévoit notamment la création d’un « périmètre d’agglomération » d’environ 4 250 ha (limité par une ligne triple : discontinue noire, continue marron, bande blanche) dans lequel devaient se concentrer les nouvelles constructions, ainsi qu’une zone de construction en ordre continu (limitée par une double ligne : pointillés noirs, bande grise). © Ville de Toulouse, Archives municipales, cotes FRAC 5S576

Contenu additionnel :


Page de l’exposition « Toulouse en vue(s) 1515-2015 » sur le site des Archives municipales de Toulouse : https://www.archives.toulouse.fr/nous-connaitre/actualites-informations/toulouse-en-vue-s-1515-2015

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