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Un projet éducatif au coeur de la rénovation urbaine

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Léa QUESNOT,
Diplômée du Master 2 Aménagement et Projets de territoires, Université Toulouse Jean-Jaurès

Mémoire : Pour une réappropriation populaire de la ville — Déconstruction de la politique de la ville et des formes de concertation, Une mobilisation au cœur de la rénovation urbaine : l’association Robins des villes à Mermoz Sud, Mémoire de Master 2 Aménagement et Projets de territoires, Université Toulouse Jean-Jaurès, 100 p., 2016.

Mémoires d’étudiants —Ces travaux nous invitent à décaler notre regard sur des questions émergentes abordées par la génération montante.

Les quartiers de grands ensembles font face à des reconstructions continuelles dans le cadre de la politique de la ville. Les projets de rénovation urbaine ont privilégié la dimension urbanistique des réalités. Pourtant ces transformations d’espaces habités sont aussi sociales et politiques. L’intérêt de participer aux fabriques des territoires et des politiques n’est plus à justifier. Au fil de procédures de concertation peu convaincantes ou très institutionnalisées, la « participation octroyée » peine à atteindre ses ambitions démocratiques et conduit à des processus souvent élitistes aux formats consensuels. En considérant la participation par le pouvoir d’agir et les mobilisations ascendantes, des associations se retrouvent au premier plan du terrain d’action.

Séance en classe autour de la maquette urbaine, outil de l’association Robin des Villes

Ce mémoire analyse la place des habitants dans les transformations urbaines et interroge l’action d’associations inscrites professionnellement sur le terrain de l’urbanisme alternatif et participatif ‒ en questionnant leur militantisme, leurs valeurs, mais aussi leur hétérogénéité et leur repositionnement. Elles favorisent des pratiques ludiques, sensibles et artistiques dans les manières de faire. Elles défendent une approche inclusive liée au processus d’empowerment. Car ce sont bien les rapports de pouvoir et de domination que l’on touche en parlant de participation.

Parmi ces associations de terrain, Robins des villes (présente à Paris, Lyon et Marseille) s’appuie sur l’éducation populaire et l’animation pédagogique. Son leitmotiv est de connaître, partager, transformer le « cadre de ville ». Un de ses projets s’inscrit dans le quartier lyonnais Mermoz Sud (8e arrondissement). L’école primaire y est au cœur du renouvellement urbain du quartier. En partenariat avec la ville et la Métropole de Lyon, l’association accompagne des classes de CP, CE1 et CMI-CM2. La temporalité sur le long terme (2015-2017) suit les étapes du projet urbain.
L’intérêt pour les enfants ? Se familiariser avec la fabrique de la ville avant tout, mais aussi mener un diagnostic des espaces publics et se prononcer sur des aménagements à réaliser.

L’approche est double : pédagogique par la sensibilisation à la ville et politique par la participation à la rénovation du quartier. Impliquer les enfants-usagers de la ville interpelle sur la place que l’on prend en tant que citoyens, à tout âge de la vie. Cette démarche contribue à construire une éducation à la ville émancipatrice. La participation ne se décrète pas, elle est, dès le plus jeune âge, un processus continu d’appropriation.

photo © L. Quesnot